Prieur de Sombreval : “Mademoiselle”

Dieu seul sait à quel point la décadence et la nullité d’une époque peuvent atteindre des profondeurs abyssales… Seulement, à chaque fois, on se prend à être surpris par les dispositions que prennent les dirigeants républicains, alors que réflexion faite, elles correspondent tout à fait à la logique interne de l’idéologie démocrateuse… Prieur de Sombreval revient, dans une lettre poignante, sur cette nouvelle “affaire”, la disparition du mot “mademoiselle”, jugé dégradant par les autorités féministes actuelles… Nous sommes prévenus ! La disparition des mots “Madame” et “Monsieur” ne va pas tarder à suivre… Nous serons bientôt tous des “Mondames”…

Chère Mademoiselle,

Je vous envoie cette missive pour vous renouveler ma gratitude et mon affection.
Je n’oublie pas que vous m’avez recueilli, Maman et moi, au 122 Boulevard Murat, quand j’étais enfant.
Nous étions très pauvres et, en bonne chrétienne de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal dont le vicaire était à l’époque un bon prêtre en soutane, l’abbé Lustifer ( qui allait devenir Archevêque ), vous nous aviez logé dans votre modeste studio parce qu’il faisait froid dehors.
Vous étiez peintre de l’Ecole du Louvre, et vos oeuvres étaient pour l’essentiel, des ” natures mortes ” et des paysages d’Algérie où vous aviez vécu.
Vous m’aviez avoué que vous aviez perdu votre amoureux pendant la Guerre Européenne et que, depuis, sans avoir jamais été mariée, vous lui étiez restée fidèle.
Vous teniez par-dessus tout à ce titre de “Mademoiselle” qui vous rappelait cet héroïsme et cette délicatesse d’âme.
Vous m’avez appris le cartonnage, fait découvert ” Les Compagnons de la Chanson ” et Jacques Douai, et je n’oublie pas ces interminables parties de Jeu de Dames où vous me laissiez gagner souvent, avant que je me renferme dans ma petite chambre pour lire ” Tintin au Tibet “.
Sentant votre fin prochaine, chère Mademoiselle, vous m’avez appellé à votre domicile pour que je choisisse les toiles qui me feraient plaisir.
Voilà cinquante ans qu’elles sont accrochées au mur de mon bureau.
Je voulais vous faire part qu’en ce jour de Disgrâce 2012, il s’est trouvé un Premier Ministre de l’ex-France, un comptable sinistre et fadasse nommé Fillon, pour vous ôter ce beau diadème de ” Mademoiselle “.
Soumis comme une larve baveuse à des lobbies féministes ( c’est-à-dire qui haïssent les femmes, les hommes, mais pas les pédés ), ce Fillon a donné l’ordre à ses kollabos francs-maçons de supprimer la dénomination ” Mademoiselle ” des documents administratifs.
Ces dames prévaricatrices estiment que ce qualificatif fait le décompte du nombre de fois où elles se sont fait mettre, puis des maîtres, puis démettre.
Elles ont peur que ce titre révèle leur nombre d’avortements, d’amant (e)s et de sonneries au portail électronique des aéroports pour port de stérilets.
Vous avez bien fait de défuncter, ma chère Mademoiselle.
Si vous voulez rire, je vous aviserai quand je rencontrerai une gamine de 13 ans et la saluerai d’un ” Mille grâces, Madame “.
Souvenez-vous de moi dans vos prières.
J’envisage d’avertir la Grande Mademoiselle mais j’ai peur qu’elle fasse exploser la Cour de rire.

Cordialement,

Prieur de Sombreval

Articles qui peuvent vous interesser

La rage des climato-sceptiques confine désormais à l'hystérie !
La République : stop ou encore ?
Chenouda III : mort du pape des coptes d’Egypte
Commentaires
5 Commentaires pour “Prieur de Sombreval : “Mademoiselle””
  1. Anne says:

    Dies iræ, dies illa

    Forfaiture !

  2. Geronimo says:

    Que Dieu vous aide, Madame belle et noble,
    Mais qu’il n’aide ceux que le péché tente,
    Que Dieu m’aide devant vous prosterné,
    Mais qu’il n’aide médisants et jaloux,
    Que Dieu aide le preux, le bon, le juste
    Mais qu’il n’aide les malveillants néfastes,
    Que Dieu aide tous les loyaux amants,
    Mais qu’il n’aide qui le mal entreprend.

    Madame, tant de vous voir je me languis,
    Madame, que point je n’ai d’autre désir,
    Madame, car de moi pouvez faire un pauvre,
    Ou, Madame, un riche plus que Sire Alphonse,
    Belle Madame si fort m’avez soumis,
    Madame, que d’autre je n’ai de vouloir,
    Madame, s’il vous plaît, ayez-moi égards,
    Madame, en dédommagement de ma peine.

  3. AloisVonReding says:

    Ils peuvent interdire tout ce qu’ils veulent si ça leur chante, tant que le fossé se creuse entre eux et nous, c’est bon signe, c’est qu’ils courent vers leur perte.

  4. Lancelot says:

    Personnellement, éternel adolescent en crise, je suis d’accord avec Aloïs.
    Les interdits mondains me stimulent et les interdits de l’Eglise me grandissent.
    Bon Carême 2012 à tous.
    Prieur de Sombreval.

  5. Lancelot says:

    La rupture doît être totale et irréversible entre ce Monde de Ténèbres et les dolicocéphales chrétiens à yeux interrogatifs.
    Après, c’est une question de tempérament, de prise de risque, et de primesaut guerrier.
    En un mot, je les emmerde !
    Pardon d’avoir été long.

Laisser un Commentaire