GRANDES FIGURES DE LA CHRETIENTE – FRA ANGELICO (1387-1455)

Guido di Pietro – Fra Giovanni (chez les dominicains)
Né vers 1387 à Vicchio di Mugello – Mort en 1455 à Rome

Guido di pietro rentre chez les dominicains au couvent de Fiesole, situé sur les hauteurs de Florence, en 1408. Il a alors 21 ans. Selon l’usage de l’ordre, il change de patronyme pour un nom religieux : Fra Giovanni. Ses contemporains, en raison de la haute spiritualité de sa peinture ainsi que de la profusion d’anges dont il aime parer ses œuvres, le surnommeront Fra Angelico.

Les règles strictes et la vie de pénitence de l’ordre religieux resteront profondément ancrées chez le peintre pour qui le renoncement au monde et à soi-même permettent d’atteindre la pureté, tant d’un point de vue spirituel que dans l’expression de son travail.
Encouragé par ses supérieurs, Fra Angelico abrège ses études théologiques pour se consacrer exclusivement à la peinture, les dominicains considérant l’art comme un moyen efficace de transmettre la foi et la vérité.

Si Fra Angelico propose une peinture emprunte de la tradition de ses aînée, il s’en démarque par une personnalité et une originalité particulière. Il signe des chef d’œuvres dès sa période de jeunesse et c’est dans l’évolution technique plus que dans le résultat visuel que l’on peut constater l’évolution de la maturité picturale du peintre. Il s’éloigne du style de Lorenzetti et de Simone Martini qui reste attaché à la représentation de la vie quotidienne, pour une peinture plus spirituelle qui ne porte que très peu d’attention au détail terrestre. Il trouve son inspiration dans la méditation et la prière qu’il pratique assidûment avant de peindre.

A partir de 1436 il est appelé à travailler à la décoration du couvent San Marco, pour ses frères dominicains. Il crée des figures sobres et, sans que cela soit systématique, dépouillées des accessoires symboliques utilisés d’ordinaire dans le gothique international. Les oeuvres sont à caractère décoratif mais contiennent aussi une volonté de prédication à l’attention des moines du couvent.

Les fresques et tableaux de San Marco sont réalisés dans un style beaucoup plus simple que dans les autres oeuvres du peintre. Il offre une narration qui ne s’attache pas au détail matériel, même si les techniques d’ombre et de lumière, de perspective et d’anatomie sont maîtrisées. Le message peint se présente dans une simplicité voulue, proche du message évangélique.

Comparé à d’autres peintres contemporains, Fra Angelico peut sembler n’avoir jamais atteint l’excellence d’un point de vue technique. Ses personnages manquent quelquefois de souplesse mais il a su leur donner une âme, dans un sentiment en accord avec sa propre foi et son mode de vie. Sa peinture paisible invite le spectateur à la méditation et à la prière.

Hormis son travail pour l’ordre dominicain, Fra Angelico est particulièrement apprécié de Cosme de Médicis qui lui passe plusieurs commandes personnelles.

Vers 1445 il est appelé à travailler à Rome pour le pape Eugène V et son successeur Nicolas V. A cette même époque, il passe en parallèle une année à Ovierto où il commence la décoration de la nouvelle chapelle. Mais il ne termine pas son travail qui sera repris en 1499 par Lucas Signorelli. Le jugement dernier qu’il réalise sur la voûte inspirera certainement Michel-Ange pour son travail sur la chapelle Sixtine.

Dans ses travaux au Vatican, Fra Angelico utilise le style cher à la première renaissance : l’imitation de l’architecture de l’antiquité. Cela indique que le peintre participait à la mouvance générale de son époque avec une recherche consciente de modernité, mais sans que cela n’entre en conflit avec l’idéal chrétien.

Durant sa longue carrière il fût le maître de Benozzo Gozzoli et aura influencé le célèbre Filippo Lippi. Il meurt à Rome en 1455 à l’âge de 68 ans.

D’une manière générale son œuvre est caractérisée par l’utilisation de couleurs éclatantes où les bleus et les rouges se détachent sur fond d’or. Ses profusions de personnages, et plus particulièrement d’anges, se présentent dans un ordonnancement harmonieux. Leur visage emprunts d’humanité expriment la joie ainsi qu’un sentiment de paix. La béatitude et l’expression de la douleur sont placées au même niveau. S’il conserve toute sa vie les codes du gothique international, Fra Angelico a su créer un langage moderne qui s’insère parfaitement dans l’esprit nouveau de la renaissance.

 

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Commentaires
6 Commentaires pour “GRANDES FIGURES DE LA CHRETIENTE – FRA ANGELICO (1387-1455)”
  1. Poussin says:

    Merci de nous faire découvrir le Frère Angélique. On ne peut pas dire qu’il y a l’équivalent chez les Sémites (juifs et musulmans)

  2. Geronimo says:

    Hosanna Fra Giovanni!!!

  3. Anne says:

    Ceux qui ont pu admirer l’exposition du Musée Jacquemard André apprécieront encore plus. Un éblouissement !

  4. AloisVonReding says:

    J’espère que ces oeuvres ont été rendues à la possession légitime de l’Eglise. Il n’y a rien de plus agaçant que de voir détournées des icônes pour les profits de musées où les gens passent sans respect devant elles.
    Je préfère tout de même les artistes chrétiens traditionnels qui se contentent d’oeuvres objectives et symboliques sans ces ajouts mondains qui dégradent le sujet dans les oeuvres de le Renaissance. En ce Fra Angelico semble avoir sût concillier cela avec la mode (dangereuse) de son temps.

  5. Anne says:

    Calmez-vous, les fresques de San Marco ne vont pas s’envoler !
    Les visiteurs de Jacquemard-André étaient on ne peut plus respectueux (Sincèrement si j’avais pu “détourner” un tableau ou un manuscrit à “mon” profit, je l’aurais fait … respectueusement)

  6. AloisVonReding says:

    Elle ne s’envolent pas, elles sont vendues ou réquisitionnées par l’Etat comme une quantité inimaginable de ce qui était la propriété de l’Eglise.

    En Russie, j’étais dans un musée où il y avait des icônes, des moniales russes qui visitaient s’étaient agenouillées devant une icône, elles ont été virées par les gardiennes du musée parce-que soit disant ce n’était pas une attitude “convenable”. Le musée est étatique, les icônes furent réquisitionnées par l’Union Soviétique. Aujourd’hui elles servent au profit de l’Etat russe, aux regards intrigués des touristes plutôt qu’à la vénération dans les églises; cherchez l’erreur…

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